Note (retour) — CHAPITRE XI
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Pendant la durée d'une génération, l'instruction s'est bien répandue; une grande partie de l'espace qui séparait les Portugais des autres nations d'Europe au point de vue de la civilisation matérielle a été comblé, et chaque jour on voit se rétrécir l'intervalle. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, indice de tous les autres progrès d'ordre économique, le pays s'est déjà pourvu d'un réseau de chemins de fer, dont toutes les grandes lignes seront complètes dans un petit nombre d'années 220. Non-seulement Lisbonne sera prochainement reliée à toutes les villes secondaires du Portugal, même à celles de l'Algarve, mais par divers points de la frontière, sur le Minho, le Douro, le Guadiana, elle commence à faire pénétrer ses avenues commerciales dans l'intérieur des Castilles. On s'en est aperçu à l'importance croissante qu'a prise le mouvement des échanges, pendant les guerres civiles qui ont souvent bloqué les ports de l'Espagne situés sur la Méditerranée: Lisbonne et Porto même ont pu remplacer partiellement ces villes de commerce pour fournir des marchandises étrangères à l'intérieur de la Péninsule. D'ailleurs une partie seulement du trafic réel figure sur les registres de la douane; la contrebande est difficile à surveiller sur le vaste développement des 800 kilomètres de frontières montagneuses, et Portugais aussi bien qu'Espagnols se font gloire de tromper la vigilance des carabiniers. La douane de terre coûte au gouvernement beaucoup plus qu'elle ne lui rapporte.