Note (retour) — CHAPITRE XI
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Les descendants de Vasco de Gama et d'Albuquerque n'ont plus, pour ainsi dire, qu'un pied à terre dans cette péninsule de l'Inde, dont ils ont eu la gloire de découvrir la route marine. Goa, Salsette, Bardez, Damão, Diu, n'ont guère avec leur territoire plus de 4,000 kilomètres carrés, et n'appartiennent au Portugal que grâce à la bonne volonté de l'Angleterre. Macao, à l'entrée de la rivière de Canton, n'était, tout récemment encore, qu'un entrepôt de chair humaine, d'où les traitants exportaient des «engagés» chinois aux plantations du Pérou. Le monde insulaire qui rattache l'Asie au continent australien, et qui fut autrefois le domaine le plus précieux et le plus anxieusement surveillé des Portugais, se trouve maintenant presque en entier en d'autres mains, et les anciens conquérants n'ont plus qu'une moitié de l'île de Timor et l'îlot de Kambing. En Afrique, il est vrai, l'étendue des territoires auxquels prétend le Portugal est fort considérable; et, si l'on en jugeait par les documents officiels, toute la largeur du continent, d'Angola et de Mossamedes à Mozambique et à Sofala, serait une terre lusitanienne; mais cette terre est encore, en grande partie, à connaître, et ceux qui se livrent à ce travail d'exploration ne sont point des Portugais: l'anglais Livingstone est le voyageur auquel la géographie doit la conquête scientifique de ces contrées. Les seuls établissements sérieux qui ne soient pas de simples comptoirs ou des fortins assiégés par les populations sauvages, sont ceux de l'Afrique occidentale, au sud du Congo; mais ils appartiennent pour la plupart à des maisons de commerce hollandaises. Quelques hectares de terrain sur les côtes de la Guinée septentrionale et de la Sénégambie complètent, avec l'île de Santo Thomé, Principe et l'archipel du Cap-Vert, les possessions portugaises de l'Afrique. Quant au Brésil, la riche colonie du Nouveau Monde, il vit, depuis un demi-siècle, d'une vie indépendante, et dépasse de beaucoup la mère patrie en population et en richesse. Enfin, les terres atlantiques de Madère et des Açores, les premières conquêtes des navigateurs de Lisbonne, sont considérées comme partie intégrante du Portugal, et forment des provinces assimilées en droits à celles de la terre ferme. Ce ne sont pas les moins riches, et récemment encore, avant que la conscription n'enlevât la jeunesse de ces îles, elles jouissaient de la plus grande prospérité 219.