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Nouvelle géographie universelle (1/19)

Note (retour) — CHAPITRE XI

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Setúbal et Cezimbra ont aussi dans les mers voisines d'énormes quantités de poissons d'espèces diverses. Les eaux qui baignent le Portugal sont d'une richesse extraordinaire en vie animale, sans doute à cause de la rencontre des courants océaniques apportant chacun leur faune particulière. De toutes ces eaux, les plus riches peut-être sont celles de Setúbal; en comparaison, la Méditerranée et la baie de Gascogne sont presque désertes. Les pêcheurs de Setúbal exploitent ces trésors de la mer avec une singulière intelligence. Bien des siècles avant que les savants eussent imaginé d'explorer le fond des mers pour en étudier les organismes, lorsque la plupart des zoologistes affirmaient même que nulle vie animale ne se hasarde dans les ténébreuses profondeurs de l'Océan, les marins de Setúbal savaient capturer, à 500 et 600 mètres au-dessous de la surface marine, d'énormes requins qui ne vivent point ailleurs: hissés sur le pont de l'embarcation de pêche, ces animaux semblent sur le point de faire explosion, tant ils sont gonflés par l'air intérieur qui fait équilibre à la pression des couches supérieures de l'eau marine. Quant aux espèces communes de la surface, c'est par myriades qu'on les recueille. Les sardines se pêchent en si grande quantité dans les eaux de Cezimbra, que le peuple les utilise, non-seulement pour sa propre nourriture, mais encore pour celle de ses cochons. Aux temps de sa grande prospérité commerciale, le Portugal fournissait de poisson une grande partie de l'Europe; il exerçait même une sorte de monopole pour la vente de la morue; ses marchands allaient en porter jusqu'en Norvége. Vers la fin du quatorzième siècle, la ville de Lisbonne s'était fait concéder par traité l'exploitation de pêche des côtes anglaises. Chose qui paraît étrange aujourd'hui, c'étaient alors les Lusitaniens qui se faisaient les initiateurs industriels des populations de la Grande-Bretagne 215!

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