Note (retour) — CHAPITRE X
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Le plateau central de la Péninsule, entre la vallée de l'Èbre et celle du Guadalquivir, est parfaitement délimité par la nature: une enceinte semi-circulaire l'entoure au nord, à l'est et au sud, des Pyrénées Cantabres à la sierra Morena 154. Il est vrai que du côté de l'ouest la pente générale du plateau s'incline vers le Portugal et l'Atlantique; mais là aussi des massifs montagneux et surtout les escarpements des gorges fluviales par lesquelles il faut dévaler pour entrer dans les vallées inférieures constituent une véritable barrière, dont certaines parties sont malaisées à traverser. La haute région où le Duero, le Tage, le Guadiana développent leur cours supérieur est donc un tout géographique distinct encadré par une zone complétement circulaire de terres à versant maritime: on peut la comparer à une sorte de péninsule plus petite enfermée dans la grande presqu'île et ne tenant aux Pyrénées françaises que par l'isthme étroit des provinces Basques. En effet, si l'eau de la mer s'élevait brusquement de 600 mètres, les plateaux des Castilles, diversement échancrés par des golfes, s'isoleraient du reste de l'Espagne. Leur étendue considérable, car ils forment bien près de la moitié de tout le pays, leur assurait d'avance un rôle historique des plus importants; par le fait même de leur position dominatrice, les Castillans ont annexé presque tous les territoires circonvoisins à leur domaine, qui occupe déjà plus des deux cinquièmes de toute l'Espagne.