Note (retour) — CHAPITRE X
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Les eaux courantes des deux Castilles ont une importance géographique moindre qu'on ne serait tenté de leur attribuer à la vue des longues lignes serpentines qu'elles tracent à travers plus de la moitié de la Péninsule. Déjà l'altitude à laquelle coulent les fleuves dans leur partie supérieure et les âpres défilés par lesquels ils s'échappent pour gagner la mer suffiraient pour rendre toute navigation sérieuse impossible; mais, en outre, la quantité d'eau pluviale tombée dans leurs bassins n'est pas assez considérable pour alimenter des cours d'eau pareils à ceux des autres contrées de l'Europe occidentale. Arrêtée par les Pyrénées Cantabres, les monts de la Galice et les massifs granitiques du Portugal et de l'Estremadure espagnole, l'humidité des vents pluvieux se décharge presque en entier sur les dentes atlantiques des montagnes; il n'en reste qu'une très-faible proportion pour les plateaux castillans. En moyenne, il ne pleut sur ces régions que pendant soixante jours de l'année et l'ensemble des pluies varie du cinquième au dixième de la quantité tombée sur le versant extérieur des monts. Par aggravation, le soleil et le vent font évaporer très-activement la pluie tombée; toute celle que reçoit la terre altérée pendant les mois d'été retourne aussitôt dans l'atmosphère, et si les principales rivières coulent encore pendant cette saison, c'est que le résidu des pluies d'hiver continue de rejaillir à la surface par les sources profondes. Mais que de rivières à sec, que de larges lits fluviaux où pendant des mois pas une goutte d'eau ne se montre au milieu des galets ou des sables! Si les pluies annuelles, au lieu de pénétrer dans le sol et de sourdre en fontaines ou de s'écouler promptement par les ravins et les lits fluviaux, séjournaient en nappes sur le plateau, elles seraient entièrement évaporées dans l'espace de deux ou trois mois 157.