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Nouvelle géographie universelle (1/19)

Note (retour) — CHAPITRE X (continued 5)

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Avant de sortir de la province de Leon, le Sil coule d'abord dans le large bassin du Vierzo, de toutes parts environné de montagnes et dont il reste encore le charmant petit lac de Carrucedo. Tout près de cette nappe d'eau commence l'âpre défilé de sortie. Le Sil, que vient gonfler le Cabrera, descendu de la Peña Trevinca, entre dans un second bassin lacustre, beaucoup moins étendu que le Vierzo, puis il passe sous les roches du Monte Furado (mont Percé), dans un lit que lui ont taillé les Romains, afin de faciliter les exploitations minières qu'ils avaient entreprises et dont on voit çà et là des vestiges importants. En aval de ce curieux tunnel, le Sil serpente dans une des gorges les plus sauvages de l'Espagne: les contre-forts des montagnes qui s'élèvent au nord et au sud et qui formaient autrefois une chaîne continue, des Pyrénées cantabres aux monts portugais de Gerez, se dressent au-dessus du fleuve rétréci en escarpements abrupts et même en parois verticales, de 300 et 400 mètres de hauteur. Un nouveau défilé resserre le fleuve immédiatement en aval de la jonction du Sil et du Miño, puis les eaux réunies, que grossissent de distance en distance de petits affluents, vont se jeter dans la mer par un large débouché. Au-dessous de la ville de Tuy, sur un espace d'une trentaine de kilomètres, le Miño devient navigable, mais l'entrée du fleuve est obstruée par une barre périlleuse, et c'est en dehors de l'estuaire, au pied de la montagne de Santa Tecla, que se trouve le petit port d'embarquement dit la Guardia. Quoique d'une si faible utilité pour la navigation, le Miño n'en est pas moins, des huit grands cours d'eau de la presqu'île Ibérique, celui qui, proportionnellement à l'étendue de son bassin, roule la masse liquide la plus abondante; il ne le cède qu'au Duero pour la quantité absolue de ses eaux moyennes 198.

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