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Nouvelle géographie universelle (1/19)

Note (retour) — CHAPITRE X (continued 4)

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Il est aussi un mérite qu'ils s'attribuent et que nul ne peut leur contester, celui d'une grande âpreté au travail. Non-seulement les Catalans ont changé en beaux jardins les vallées arrosables tournées vers la mer, ils ont aussi attaqué les pentes arides des montagnes et forcé la pierre triturée, mêlée aux terres apportées de la plaine, à nourrir leurs vignes, leurs oliviers, leurs céréales. Ainsi que le dit le proverbe: «Le Catalan sait faire du pain avec des pierres.» Cependant, l'agriculture ne suffisant pas à l'alimentation de la population surabondante, il a fallu que celle-ci se tournât vers l'industrie et elle l'a fait avec la plus grande ardeur. Barcelone, ses faubourgs, les villes de la banlieue et de tout le littoral avoisinant ont de nombreuses manufactures où l'on met en oeuvre les fibres du coton, les laines et d'autres textiles, les fers, les bois, les peaux, les ingrédients chimiques de toute espèce. Il y a un demi-siècle environ que l'industrie cotonnière a pris pied en Catalogne, et depuis cette époque Barcelone a gardé sa prééminence et presque le monopole dans ce domaine du travail national 187. Avant le commencement de la série de révolutions que traverse actuellement l'Espagne et dont la Catalogne a tout particulièrement souffert, la province de Barcelone possédait à elle seule les deux tiers des machines à vapeur de toute la Péninsule; elle avait mérité le nom de Lancashire espagnol. D'ailleurs la guerre civile n'a fait que ralentir le travail, sans le suspendre; Barcelone est restée le grand atelier où l'Espagne se fournit de tous les produits de l'industrie moderne. Le rôle d'intermédiaire qui appartenait aux populations de la Catalogne avant la guerre des Albigeois, leur a été rendu sous une autre forme. Alors elles propageaient en Espagne la langue et la civilisation provençales; de nos jours elles lui transmettent le mouvement industriel de la France. Il est d'autant plus étonnant que Barcelone n'ait point encore avec l'État limitrophe de communications rapides pour la rattacher à la France. Elle n'a toujours que les «routes humides» de la mer et une seule grande route, souvent difficile à suivre quand les torrents du littoral sont débordés. Pourtant le chemin de fer futur de Geroua à Banyuls n'est pas un de ceux qui demandent de très-grands travaux d'art pour la la traversée des montagnes; le mur peu élevé des Albères est le seul obstacle qui sépare du réseau continental la capitale industrielle et commerciale de l'Espagne.

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