Note (retour) — CHAPITRE X (continued 3)
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Au nord de Valence le peu de largeur de la zone cultivable qui longe la mer à la base des montagnes n'a pas permis à des villes importantes de naître et de se développer. Castellon de la Plana, bâtie dans la plaine à laquelle elle a dû son nom, à la base d'un coteau qui portait l'ancien bourg fortifié, doit à sa position, au débouché de la vallée du Mijares, d'être l'agglomération d'habitants la plus considérable et le chef-lieu de l'une des provinces de Valence; mais, plus loin, toutes les localités qui se succèdent jusqu'aux frontières de la Catalogne, Alcalá de Chisvert, Benicarló, Vinaroz, ne sont que des bourgades de pêcheurs et de vignerons. Jadis les promontoires qui dominent les défilés marins de cette partie du littoral étaient gardés par des châteaux forts ou atalayas, dont on voit les ruines pittoresques envahies par les broussailles; mais la grande forteresse de défense se trouvait à l'entrée même de cette succession de Thermopyles, à l'endroit où la route quitte la large plaine de Valence pour serpenter entre les montagnes et la mer. Cette place forte, que les auteurs anciens disent avoir été fondée par des Grecs de Zacynthe, était Sagonte, devenue fameuse par le siége qu'elle soutint, avec tant d'acharnement, contre Hannibal. Les ruines romaines qui lui ont fait donner son nom moderne de Murviedro, ou de «Vieux Murs», n'ont plus rien d'imposant: débris de temples, murailles lézardées, tout se confond avec les pierres éparses et les éboulis des masures modernes; on dit que la décadence de la Sagonte romaine est due à la nature plus qu'aux hommes. Le sol du littoral se serait graduellement exhaussé, la mer se serait retirée, et, par le comblement de son port, la ville aurait perdu peu à peu son commerce et sa population 177.