Note (retour) — CHAPITRE X (continued 2)
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Si Madrid a depuis longtemps distancé toutes les autres cités de la Péninsule par son action politique, aussi bien que par son travail industriel et son mouvement commercial, elle est restée bien au-dessous de Tolède, de Ségovie, de Salamanque pour la beauté des monuments. Depuis qu'elle a commencé de s'agrandir, elle n'a eu à traverser que des âges de mauvais goût ou d'indifférence artistique, pendant lesquels les architectes n'ont eu d'autre mérite que d'élever des constructions énormes étalant aux regards une lourde majesté. Par compensation, les trésors d'art que possède Madrid sont inestimables. Son musée de tableaux est l'un des plus riches du monde entier: c'est une collection de chefs-d'oeuvre. On y compte par dizaines et par cinquantaines d'admirables toiles signées des noms de Velasquez, Murillo, Ribera, Zurbaran, Titien, Véronèse, Raphaël, Durer, Van Dyck, Rubens. Madrid est une autre Florence, sinon par son atmosphère d'art et de poésie, du moins par sa prodigieuse richesse en œuvres des grands maîtres 159.