Note (retour) — CHAPITRE X (continued 2)
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Les magnifiques jardins d'orangers de Séville et de Sanlúcar, de Carmona, d'Estepa, d'Utrera, les olivettes, les vergers et les vignobles de Málaga et des autres cités de l'Andalousie livrent au commerce une quantité considérable de fruits; les riches récoltes de céréales ont fait de la contrée un des principaux greniers de l'Espagne; mais les vins sont la seule production agricole de l'Andalousie qui ait une grande importance économique dans le commerce du monde. Les campagnes de Jerez, à l'orient de la baie de Cádiz, produisent une énorme quantité de vin, qui, sous le nom de sherry, dérivé de celui de la cité voisine, est expédié en masse pour les marchés de l'Angleterre. La maladie de la vigne, qui a longtemps épargné les cépages de Jerez, tandis qu'elle dévastait les vignobles du reste de l'Europe, est une des causes qui ont le plus contribué à l'exportation du sherry; mais la réduction considérable de droits votée par le Parlement anglais a été une raison plus décisive encore. Une grande partie des vignobles est entre les mains de propriétaires anglais; des négociants, des préparateurs de la même nation sont occupés en foule à couper les différents crus avec les gros vins de Chiclana, de Rota et de Sanlúcar, à se livrer à toutes les opérations, légitimes ou frauduleuses, qui appartiennent à ce genre de commerce. Certains vins de premier ordre, la tintilla sucrée de Rota, le manzanilla, jeune vin non encore soumis au coupage, que l'on boit dans un verre à part, le pajarete, fabriqué avec une espèce de raisin particulière que l'on fait sécher avant de l'envoyer au pressoir, constituent un véritable monopole entre les mains de quelques propriétaires et peuvent garder leur authenticité, tandis que les «vins de table» et les autres produits de qualité inférieure sont manipulés à outrance. Mais, dans l'ensemble, ces industries ont propagé dans le pays des habitudes de travail qui n'existaient pas. Le port de Santa Maria, sur la baie de Cádiz, est au premier rang pour l'exportation des vins, et grâce à ses vignobles de Jerez, de Málaga et autres villes andalouses, l'Espagne a pu, pendant les années favorables, disputer à sa voisine d'outre-Pyrénées la prééminence pour le commerce des «liquides» 165.