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Nouvelle géographie universelle (1/19)

Note (retour) — CHAPITRE IV (continued 2)

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Mais quelles que soient la sobriété et l'intelligente initiative des marins hellènes, ils ont à craindre le sort qui menace partout le petit commerce et la petite industrie. Les économiques bateaux porteurs de la Grèce pourront lutter longtemps contre les paquebots des puissantes compagnies, mais à la longue ils finiront par céder la place, et le pays lui-même sera menacé de perdre son rang commercial, s'il n'accroît rapidement ses ressources intérieures par le développement de l'agriculture et de l'industrie et la construction de chemins qui permettent le transport des produits. Actuellement la Grèce est encore très-pauvre en routes carrossables, non-seulement à cause des obstacles que les rochers et les montagnes opposent aux ingénieurs, mais surtout à cause de l'insouciance des habitants, auxquels la mer avait toujours suffi. Télémaque ne pourrait plus aujourd'hui, comme aux temps homériques,--à moins qu'ils ne soient fabuleux,--franchir sur son char l'espace qui sépare Pylos de Lacédémone; il lui faudrait cheminer au bord des précipices sur de hasardeux sentiers. De tous les pays indépendants de l'Europe, la Grèce est, avec la Serbie, celui qui est resté le plus longtemps sans une voie ferrée; même de nos jours, Athènes ne possède que le chemin de fer qui mène à son faubourg du Pirée et le petit réseau industriel des mines du Laurion. C'est tout récemment qu'on a fini par décider pour un avenir incertain la construction de deux lignes importantes, dont l'une reliera la capitale au golfe de Volo et à la frontière de la Turquie, tandis que l'autre fera communiquer l'Attique avec l'Achaïe par l'isthme de Corinthe, unira Patras à la vallée de l'Alphée et à Kalamata par les riches plaines de l'Élide et de la Triphylie. Si les grands travaux publics de la Grèce ont été tellement retardés, la principale cause en est à l'état de banqueroute perpétuelle dans lequel se trouve le gouvernement hellénique. L'équilibre du budget grec n'est qu'une fiction. La dette, qu'il est tout à fait impossible de payer, s'élèverait à plus d'un demi-milliard, soit à plus de trois cents francs par tête, si l'on n'avait depuis longtemps négligé de payer les intérêts des premiers emprunts 17.

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