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Nouvelle géographie universelle (1/19)

Note (retour) — CHAPITRE IV (continued 2)

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Puisque les Grecs ne tirent de leur sol qu'une quantité de produits insuffisante à leur propre entretien et que leur industrie est sans grande importance, ils seraient condamnés à mourir de faim, si par leurs six mille navires, toujours en mouvement, ils n'avaient pris dans les eaux de la Méditerranée le métier lucratif de porteurs. Leur marine marchande est supérieure à celle de l'immense Russie, elle égale presque celle de l'Autriche et dépasse dix fois la flotte commerciale de la Belgique; encore faut-il ajouter que la plupart des navires qui hissent le pavillon turc appartiennent à des marins hellènes 16. C'est dans cette navigation de cabotage que se révèle tout entier le vieil instinct de race. Tandis que les grands bateaux à vapeur à parcours rapide appartiennent à des compagnies puissantes de l'Occident, les marins hellènes possèdent les navires d'un faible tonnage et au chargement varié qui suivent la côte d'échelle en échelle, d'ordinaire ne dépassant point les limites de l'ancien monde grec. Aucune embarcation ne peut naviguer en Méditerranée à moindres frais que les leurs, car tous les matelots ont un intérêt dans le chargement et tous vivent d'abstinence pour augmenter le bénéfice; les uns ont fourni le bois, les autres le gréement, d'autres encore telle ou telle partie de la cargaison, et ce sont des concitoyens de leur ville ou de leur village qui, sur leur simple parole, ont donné l'argent nécessaire à l'achat des marchandises. Sur maint navire, tout l'équipage est composé d'associés, se partageant fraternellement la besogne, mais n'ayant point de maître parmi eux. Tous sont égaux.

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