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Nouvelle géographie universelle (1/19)

Note (retour) — CHAPITRE III

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La récolte du sel est, après la pêche, la grande industrie des bords de la Méditerranée; mais, comme la pêche, elle est encore en maints endroits dans sa période primitive; c'est pendant le cours de ce siècle seulement que l'on a commencé de procéder avec science à l'exploitation du sel, de la soude et des autres substances contenues dans l'eau marine. La Méditerranée se prête admirablement à la production du sel, à cause de la température élevée de ses eaux, de sa forte teneur saline, de la faible oscillation de ses marées et de la grande étendue de plages presque horizontales alternant avec les côtes rocheuses et les promontoires de ses rives. C'est probablement en France, aux bords de l'étang de Thau, dans la Camargue et sur le littoral de Hyères, que se trouvent les marais salants les plus productifs et les mieux disposés; mais on en voit aussi de très-vastes sur les côtes d'Espagne, de l'Italie, de la Sardaigne, de la Sicile, de la péninsule istriote, et jusque dans les «limans» salins de la Bessarabie qui bordent la mer Noire. On peut évaluer à plus d'un million de tonnes, c'est-à-dire à un total de chargement plus considérable que celui de la flotte de commerce française tout entière 6, la masse de sel que l'on récolte chaque année sur les rivages de la Méditerranée. Relativement à la richesse de la mer, c'est là une quantité tout à fait infinitésimale; ce n'est rien en proportion des trésors que la science nous permettra de tirer un jour de ces abîmes «infertiles 7».

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