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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 5)

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M. de Caulaincourt, Talleyrand est resté malade à Berlin 667. Une estafette m'apporte vos lettres des 22 et 25 mars. Vous trouverez ci-joint pour votre gouverne des pièces qui vous feront connaître ce qui s'est passé relativement aux affaires d'Espagne. La Junte s'assemble ici demain; elle est assez nombreuse. Le roi d'Espagne est déjà reconnu et proclamé dans toute l'Espagne et va se mettre en route pour Madrid. Je ne garde pas un village pour moi. La Constitution d'Espagne est très libérale; les Cortès y sont maintenues dans tous leurs droits.--Les Anglais agitent les Espagnes, quelques villes ont levé l'étendard de la rébellion; mais cela est très peu de chose, et lorsque vous lirez ceci, tout sera probablement calmé. Quelques colonnes mobiles ont déjà donné cinq ou six leçons.--Je consens à l'entrevue. Je vous laisse le maître d'en désigner l'époque. Vous ne recevrez pas cette lettre avant le 1er juillet. L'Empereur ne sera pas fixé avant le 15. Vous devez me prévenir de manière qu'il y ait 16 ou 18 jours pour le temps que mettra votre lettre à arriver, 10 jours pour me rendre au lieu du rendez-vous et 5 ou 6 jours pour faire les préparatifs. Il faut donc que l'Empereur ne soit rendu au lieu de l'entrevue que le 35e jour après le départ de votre lettre de Saint-Pétersbourg. Ce ne peut donc pas être avant le mois de septembre, et, à vous dire vrai, je préfère cette saison à toute autre; d'abord parce qu'il fera moins chaud, et ensuite parce que mes affaires seront finies ici, et que j'aurai pu passer quelques jours à Paris.--Plusieurs régimens sont passés en Seelande. L'escadre de Flessingue se met en rade. On donne aux Anglais toutes les inquiétudes possibles. Deux vaisseaux russes sont à Toulon, où on va les mettre en état.--Vous ne manquerez pas d'observer que la France ne gagne rien au changement de dynastie en Espagne, que plus de sûreté en cas de guerre générale, et que cet État sera plus indépendant sous le gouvernement d'un de mes frères que sous celui d'un Bourbon; qu'il étoit d'ailleurs tellement mal gouverné, tellement livré aux intrigues et qu'il régnoit parmi le peuple une fermentation sans but déterminé telle qu'une réforme étoit devenue indispensable.--Je crois que l'Empereur a raison, en laissant passer la première nouveauté des escadres anglaises, mais il n'a rien à craindre d'elles, comme je l'ai dit à l'officier russe qui est parti dernièrement. Le seul point sur lequel on pouvoit avoir de l'inquiétude étoient les isles, si l'on n'avoit pas eu le temps de les fortifier.--Faites-moi connoître ce que c'est que ce petit Montmorency. A-t-il justifié ce qu'on peut attendre de son âge? Dites à l'ambassadeur d'Espagne qu'il doit se bien comporter, que le nouveau roi le confirmera et lui enverra ses pouvoirs; qu'il doit parler dans le bon sens et qu'il doit toujours, pour cheval de bataille, s'appuyer de la Constitution qui réorganise son pays et va le porter à un degré de prospérité qu'il ne devoit jamais attendre du gouvernement des Bourbons.

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