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Napoléon et Alexandre Ier (3/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 5)

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Il eût eu besoin pourtant de trophées, de bulletins triomphants, pour retremper pleinement le moral de son armée, pour exciter surtout et soulever les Polonais de Lithuanie. En effet, bien que l'on essayât de toutes manières pour son compte à déterminer l'insurrection, à chauffer l'enthousiasme, l'attitude de la population trompait toujours son attente. Pour décider les notables de Wilna à se mettre en avant, à payer de leur nom et de leur personne, il avait fallu les relancer chez eux, les entreprendre un à un, quêter leur adhésion, forcer presque leur concours. Dans les campagnes, chaque classe d'habitants avait ses motifs de défiance. Les excès de nos soldats, les brigandages de nos alliés allemands continuaient à désoler les paysans, qui se sauvaient à notre approche et se réfugiaient dans les bois. Pour les ramener et se les concilier, Napoléon leur annonçait la liberté, l'abolition du servage; mais ces promesses indisposaient les seigneurs, les grands propriétaires ruraux, possesseurs d'esclaves. Si la majeure partie de la noblesse restait malgré tout favorablement disposée, un doute persistant sur les intentions réelles de Napoléon à l'égard de la Pologne, un doute naissant sur le succès de ses armes, la crainte de représailles russes, retardaient l'élan des coeurs 648. Tout ce qui se faisait en Lithuanie,--ébauche d'une organisation nationale, formation d'un gouvernement provisoire, levée de milices locales,--était exclusivement l'oeuvre de quelques seigneurs dévoués de longue date à notre cause, déjà compromis aux yeux de l'ennemi; la masse suivait mollement l'impulsion et ne la devançait jamais. L'Empereur voyait venir à lui des empressements isolés, point de mouvement collectif, des individus plutôt qu'une nation. Ses calculs se trouvaient doublement en défaut; les armées du Tsar avaient déjoué ses premiers plans et échappé à ses atteintes; la Pologne russe ne se levait qu'à demi et ne lui prêtait qu'un concours hésitant; après la déception militaire, la déception politique.

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