Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
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Napoléon approchait du but. Maintenant que la négociation se poursuit sous ses yeux, sous sa surveillance immédiate, il la pousse rapidement, par les moyens de contrainte et de séduction qui lui sont propres. Il accueille bien les deux Autrichiens, ne leur ménage point les égards personnels, les admet souvent dans sa compagnie, les emmène au théâtre, dans la loge de leur propre souverain, puis s'enferme avec eux de longues heures et frappe de grands coups. Il agit aussi par des intermédiaires différents, distribuant à chacun son rôle. Champagny, rappelé d'Altenbourg, est chargé de la discussion officielle; sa mission est de résister sans blesser. Il tient des conférences «peu parleuses 224», atténue la dureté de ses refus par son imperturbable politesse: «Il fait cent révérences et n'accorde pas un pouce de terrain 225.» Dans l'intervalle des séances, Maret cause avec les plénipotentiaires autrichiens, les attire chez lui, et avec beaucoup de grâce les engage à se rendre. Laborde vient à la rescousse; il est chargé des confidences à effet, des messages terrifiants. Il accourt chez Lichtenstein pour le prévenir que les chasseurs de la garde, déjà sur le chemin de France, ont reçu l'ordre de tourner bride, que l'Empereur veut absolument être fixé, qu'au moment de partir pour une inspection militaire il a averti Champagny de lui apporter à son retour la paix ou la guerre 226. En butte à une pression de tous les instants, Lichtenstein et Bubna se désistent peu à peu de leurs demandes, avec remords, avec douleur; ils se lamentent et cèdent.