Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
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Après sa conversation avec Bubna, qui avait duré trois heures, Napoléon lut la lettre de l'empereur François et prépara sa réponse. Il la fit âpre, rude et tonnante. Après avoir irréfutablement démontré, à l'encontre des calculs autrichiens, l'importance de ses concessions, après avoir mis un soin blessant à convaincre l'empereur François d'ineptie et ses conseillers de mauvaise foi, il affirmait une fois de plus sa volonté immuable de s'en tenir à l'ultimatum: il insistait sur les avantages de sa position militaire, invoquait le droit du plus fort, jetait dans la balance le poids de son épée. Il ne se radoucissait qu'à la fin, mêlait alors le ton du sentiment à celui de la menace, faisait en termes magnifiques l'éloge de la paix, et la Russie lui fournissait le trait final de sa péroraison. «Je suis si persuadé d'avoir le bon droit de mon côté, disait-il, je mets dans mes demandes une modération qui étonnera tellement l'Europe, quand elle sera connue, que je consentirais à la réunion d'un congrès général où seraient admis même les plénipotentiaires de l'Angleterre, et que je vous propose de vous en rapporter, vous et moi, Monsieur mon Frère, à l'arbitrage de l'empereur Alexandre. Certes, je donne, par cette dernière proposition, la preuve la plus évidente de ma répugnance à verser le sang et de mon désir de rétablir la paix du continent 221.»