Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
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Il lui suffisait en effet qu'Alexandre n'opposât point un veto formel à l'extension du duché; ce fut à ce point seul qu'il eut le tort de s'attacher. Dans le langage du Tsar, il ne voit, ne relève, ne retient qu'une phrase, celle qui correspond à ses propres vœux: il va forcer le sens de cette phrase et négliger les réserves dont elle est entourée. Suivant son habitude, il s'autorise d'un premier avantage obtenu pour préjuger immédiatement et arracher de plus graves concessions. Toujours enclin à violenter ou à surprendre la volonté d'autrui, pour peu qu'il y aperçoive quelque facilité et que l'adversaire lui donne prise, il juge que la Russie, du moment qu'elle ne s'est point placée sur le terrain d'une résistance absolue, se laissera finalement gagner et plier à nos desseins. Puisqu'elle admet de bonne grâce, se dit-il, un léger accroissement du duché, elle supportera un agrandissement assez notable de la même principauté. Assurément, à l'aspect de cet État fortifié, respirant plus librement dans ses frontières élargies, elle se récriera peut-être, mais le don de Lemberg, «avec quelque chose encore 215», lui fermera la bouche, surtout si l'on ajoute à cette acquisition l'engagement que le duché ne redeviendra jamais une Pologne. Quant à dissiper par la suite les restes de sa mauvaise humeur, ce sera affaire de soins et de procédés. Dans tous les cas, son mécontentement n'ira point jusqu'à la révolte, et moitié par terreur et contrainte, moitié par séduction, elle restera dans l'alliance.