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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)

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Depuis quelques jours, le comte Roumiantsof était parti pour la Finlande: il était allé se rencontrer avec les plénipotentiaires suédois dans la ville de Frédericshamm, où il se préparait à signer une paix triomphante qui donnerait définitivement à l'empire la province conquise, avec les îles d'Aland, et lui vaudrait à lui-même le titre de chancelier. À la même époque, Alexandre avait dû s'aliter, à la suite d'un accident de voiture assez grave, et il achevait sa convalescence au château de Péterhof. Dans la résidence où l'orgueilleuse Catherine avait tout disposé pour le faste et la représentation, son petit-fils ne cherchait que le repos et la solitude. À Péterhof, Alexandre aimait la fraîcheur des hautes terrasses, le silence et la paix des jardins qui s'inclinent vers le golfe; dans ce décor imposant de marbre et de verdure, en face de larges et calmes horizons, il se laissait aller à cette nonchalance de l'esprit que laissent après elles les souffrances du corps. Chaque jour, M. de Caulaincourt venait prendre de ses nouvelles et était reçu; une heure, deux heures durant, il restait au chevet du monarque, et leur causerie, amicale et familière, effleurait tous les sujets sans se poser sur aucun. Alexandre évitait surtout le terrain brûlant de la politique européenne; il aimait mieux parler des réformes que Spéranski lui facilitait à l'intérieur, de ses efforts pour améliorer la justice, organiser l'administration, créer une Russie nouvelle sur le modèle de la France napoléonienne; c'étaient ces grandioses et brumeuses perspectives qu'il se plaisait à envisager, et peu à peu sa pensée, mobile et fluide, s'échappait du présent, se perdait dans l'avenir, se fondait en rêverie 207.

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