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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)

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C'est à cette résignation qu'il convient d'incliner la cour de Dotis, par le moyen de Bubna. Ce dernier, si on sait s'emparer de lui, peut nous devenir un précieux instrument, et aussitôt Napoléon met en jeu tous les ressorts qui doivent lui livrer cette âme de soldat. Par une accumulation de détails techniques, il prouve à Bubna qu'il est invincible, inexpugnable dans Vienne, «en état de tenir dix ans»; puis, redevenu facile et gracieux, il flatte et enjôle l'officier autrichien, lui parle de ce qu'il entend, métier, campagnes, histoire militaire, valeur comparée des généraux et des armées, «de Jourdan, de Pichegru, des Russes 203». Après l'avoir tenu tour à tour sous la terreur et sous le charme, il le livre à Maret, qui ne le quitte point de deux jours, poursuit l'œuvre commencée et se choisit lui-même des auxiliaires. À Vienne, Bubna a retrouvé, parmi les Français, un compagnon de jeunesse et de régiment, M. Alexandre de Laborde, passé au service de l'Autriche pendant la Révolution, rallié aujourd'hui à l'Empire, auditeur au Conseil d'État et attaché en cette qualité au grand état-major. Laborde est chargé d'agir sur Bubna, et entre eux un dialogue s'engage sur le ton d'une intime et familière camaraderie, à la seconde personne: «Mon cher, dit Laborde, il ne serait pas impossible, si l'on est raisonnable à votre cour et si tu es en mesure d'après la manière dont on t'a envoyé ici, que tu parviennes à rendre un grand service à ton pays. Il me semble que le moment est favorable, et ce moment, il faut le saisir. Il est assez dans le caractère de l'Empereur de ne se point décider par les routes communes, lorsqu'on lui montre de l'empressement et du zèle à se rapprocher.»--«Mon ami, répond Bubna, tu connais si je serais heureux d'un pareil événement, et pour son importance et pour y avoir contribué 204.» Les prétentions de l'Empereur sont alors discutées: Laborde en exalte la modération, la douceur, et Bubna sort de l'entretien définitivement convaincu, parlant de rentrer tout de suite à Dotis et «d'arranger l'affaire en vingt-quatre heures 205». Napoléon ne lui permet pas encore de repartir, mais le laisse écrire à sa cour, transmettre et appuyer nos propositions. En même temps, prononçant l'attaque de tous côtés, se retournant vers les négociateurs attardés d'Altenbourg, il invite Metternich à admettre la nouvelle base, sans s'occuper d'autres questions 206; de cette manière, il compte faire franchir à la négociation un grand pas, emporter le principe de la paix et échapper encore à toute désignation de territoires, puisqu'il lui faut toujours attendre, pour fixer définitivement ses choix, que la Russie se soit expliquée et que le sphinx ait parlé.

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