Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
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Toutefois, s'il émet, à plusieurs reprises et avec force, le désir d'une substitution de souverain, il n'en fait point l'objet d'une demande expresse; il sent qu'une telle proposition est difficile à formuler; il peut accepter le sacrifice de l'empereur régnant, à peine le provoquer, non l'exiger. D'ailleurs, il croit peu à l'abnégation de ce monarque, surtout des hommes qui l'entourent et le dominent; il se rend compte qu'il caresse une chimère, et bientôt la réalité le ressaisit. La réalité, c'est qu'il se trouve en présence de l'Autriche vaincue et non changée, toujours hostile, gouvernée par nos ennemis, aspirant à la revanche; dans ces conditions, puisqu'il la tient sous lui, inerte et terrassée, il ne se détournera point d'elle avant de l'avoir momentanément réduite à l'impuissance, c'est-à-dire avant de l'avoir mutilée, désarmée et rançonnée. Cependant, pour accélérer la paix, il se résout à des concessions, en se replaçant sur le terrain d'un arrangement de principe, destiné à précéder toute spécification de territoires. Il renonce formellement à l'uti possidetis; il n'exige plus qu'un ensemble de cessions analogue à celui consenti par l'Autriche après la guerre précédente, au traité de Presbourg. Ayant demandé d'abord neuf millions d'âmes pour en avoir cinq, il descend à quatre. Ce qui lui importe au fond, ce n'est point d'arracher à l'Autriche quelques districts de plus, c'est d'obtenir un succès diplomatique qui atteste et proclame le triomphe de ses armes. S'il acquiert moins en 1809 qu'en 1805, l'Europe jugera qu'il a été moins vainqueur à Wagram qu'aux journées d'Ulm et d'Austerlitz: «il fera six campagnes 202» plutôt que d'encourir cet amoindrissement de prestige. Que l'Autriche, au contraire, se déclare prête à renouveler son sacrifice de Presbourg, et la paix pourra être, non pas conclue, mais décidée en peu de jours.