← Table of contents
Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)

Reading edition

Elle produisit pourtant un effet. Du jour au lendemain, le langage des plénipotentiaires autrichiens à Altenbourg se modifia. Après s'être tenus jusqu'alors, dans leurs communications officielles, sur une réserve absolue, se bornant à combattre et à discuter nos exigences, ils mirent une sorte de précipitation à produire des offres, en les faisant porter exclusivement sur la Galicie. Dans cette province, ils avaient reconnu dès le premier jour le point de dissentiment entre la France et la Russie, le point de réunion entre la Russie et l'Autriche. Néanmoins, ils avaient évité d'abord, comme nous-mêmes, d'en prononcer le nom. Comptant que la Russie se présenterait au congrès, ils attendaient qu'elle fût là pour entamer la question sous ses auspices et s'en faire un lien avec elle. Apprenant qu'elle s'abstenait, ils ne voulurent point tarder davantage à engager l'affaire, et se montrèrent disposés à nous abandonner une partie de la Galicie. En nous incitant à prendre de ce côté, ils espéraient jeter pour l'avenir une semence de discorde entre Napoléon et Alexandre, réveiller même dès à présent les défiances du Tsar, stimuler son inertie, forcer son attention et peut-être son intervention. Puis, comme la Galicie, toujours en état de rébellion latente ou déclarée, était, de toutes les possessions autrichiennes, celle qui leur tenait le moins au cœur, ils n'eussent pas demandé mieux que de solder avec elle les frais de la guerre. C'est ainsi que Metternich et Nugent, au cours de chaque conférence, renouvellent désormais et graduent leurs concessions dans le Nord; vainement le représentant français fait-il la sourde oreille et se refuse-t-il à les comprendre, ils insistent, ils répondent à M. de Champagny, qui parle d'Illyrie, de Basse-Autriche ou de Bohême, en jetant à ses pieds quelques lambeaux de la Pologne 192.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings