Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
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Pendant quinze longs jours encore, l'ambassadeur avait été tenu en suspens, ne recueillant pour toute satisfaction que des paroles d'encouragement. Chaque fois que le Tsar se laissait approcher et saisir, c'était pour protester de l'intérêt passionné qu'il portait au projet, pour parler de ses espérances, de ses efforts méritoires. «L'empereur Napoléon, disait-il au duc, peut compter que je le sers comme vous, de cœur et d'âme 375.» Mais il avouait en même temps qu'il n'avait encore rien terminé. Cependant, lorsque la fin de janvier se fut écoulée tout entière et que l'ambassadeur, perdant patience, eût demandé très positivement à être fixé, Alexandre promit à bref délai et sans faute une parole décisive de sa mère, dans un sens ou dans l'autre. Ce fut le 4 février qu'il la transmit à Caulaincourt, en insistant sur la déception qu'elle lui causait: l'Impératrice avait fini par déclarer expressément qu'elle ne saurait consentir au mariage avant deux ans, vu l'extrême jeunesse de sa fille. Cette réponse, avons-nous dit, équivalait à un refus. Aussi bien, faire savoir à un prétendant pressé de s'établir qu'on ne saurait lui accorder que dans deux ans l'objet de ses vœux, n'est-ce point l'éconduire avec des formes? Et l'empereur Alexandre interprétait si bien comme un dénouement négatif la décision maternelle qu'il avait cru devoir, en la communiquant à Caulaincourt, y joindre le commentaire le plus décourageant. Il avait émis le vœu que l'on en restât là, que l'on s'épargnât des tentatives désormais inutiles, et il avait eu soin de clore l'entretien par ces assurances banales, ces regrets obligés qui sont, en pareil cas, l'accompagnement ordinaire et aussi la confirmation d'une rupture.