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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)

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Ce plan s'était présenté à lui dès le milieu de la journée, tandis qu'il faisait emporter par Eugène le consentement de Schwartzenberg. Il avait adressé alors à M. de Champagny, pour Caulaincourt, le canevas d'une dépêche préparatoire, qui serait censée écrite avant la détermination finale et ferait seulement pressentir l'abandon du projet russe. Le ministre insisterait sur les circonstances de force majeure qui en rendaient la réalisation difficile, l'âge de la princesse, son développement incertain; il signalerait le fâcheux effet produit par les exigences religieuses de la Russie; il montrerait l'Empereur pressé par l'opinion de prendre un parti; il établirait surtout et très soigneusement que les délais mis à répondre nous rendaient toute liberté 364. L'Empereur avait même ordonné que cette communication préalable, par laquelle il prenait poliment congé, partît de suite et «avant six heures 365». Après le conseil, l'urgence de l'expédition lui revient à l'esprit. Au milieu des émotions de la journée, M. de Champagny n'a-t-il point oublié la recommandation de faire vite? De là ce rappel adressé au ministre: «Monsieur le duc de Cadore, je vous prie, avant de vous coucher, d'expédier le courrier en Russie, tel que je vous l'ai écrit. Ne parlez pas de la séance de ce soir 366.» Après avoir laissé passer la journée du lendemain, le ministre pourra notifier à la Russie le choix «de l'Autrichienne 367», en accompagnant cet avis d'explications appropriées. Par un raffinement de précaution, la première dépêche sera antidatée, la seconde recevra une date postérieure à celle où elle aura été réellement écrite, afin d'augmenter l'intervalle apparent entre les deux envois et de mieux dissimuler la rapidité fougueuse de l'évolution accomplie.

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