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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)

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À Dotis, la vue de l'uniforme russe fit sensation, et généraux, dignitaires, princes, de s'empresser autour de Tchernitchef, chacun d'eux essayant de surprendre sur son visage ou dans ses paroles le secret de la Russie, tous cherchant à s'étayer d'elle dans leur trouble et leurs divisions. Autour de l'empereur François, dans l'étroite résidence où le monarque fugitif abritait son infortune, la vie de cour s'était transportée tout entière, avec les intrigues, les luttes, les rivalités qui en sont inséparables. Sur le parti définitif à prendre, c'était toujours un tumulte d'avis discordants: les militaires opinaient pour la paix, les civils réclamaient la guerre. À ceux-ci, la lenteur des négociations d'Altenbourg fournissait un argument, en laissant croire que Napoléon ne voulait pas la paix ou la voulait à des conditions inacceptables. Puis, les partisans de la résistance trouvaient près du souverain un utile auxiliaire: l'Impératrice était de leur avis, et cette princesse, ardente, passionnée, nerveuse, «presque belle 190», déterminait souvent son mari, moitié par l'ascendant de sa gentillesse et de sa grâce, moitié par la fatigue de scènes répétées. D'ailleurs, dans cette cour fantasque, parmi les personnages en état de peser sur les affaires, chacun était mené. Le vice-chancelier Stadion se laissait gouverner par son frère, un abbé belliqueux: l'Empereur, comme tous les princes à la fois orgueilleux et timides, sensibles à la flatterie et craintifs des supériorités, avait le goût des subalternes; il se livrait à son secrétaire, le Hongrois Baldacci, qu'il méprisait et écoutait; l'Impératrice avait pour directeur politique un comte Palfy, qui avait gagné sa confiance en lui vouant un culte sentimental et chevaleresque. Toutes ces influences s'exerçaient actuellement en faveur de la guerre et tendaient à l'emporter. Stadion, un instant écarté, venait d'être rappelé, d'opérer une rentrée triomphante; ministres et courtisans parlaient très haut de s'armer d'héroïsme et de reprendre la lutte, sans se préparer avec sérieux à cette suprême aventure.

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