Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
Reading edition
Le bruit du conseil tenu aux Tuileries se répandit instantanément, le secret n'ayant point été recommandé. Le surlendemain, à un dîner chez le roi de Bavière, arrivé depuis un mois à Paris, ce monarque félicitait le duc de Bassano d'avoir courageusement soutenu le parti le plus propre à procurer la tranquillité de l'Allemagne 335. En même temps, dans les cercles les plus divers, on citait «les personnes appelées au conseil, les noms que le duc de Cadore avait fait passer en revue, l'opinion du roi de Naples et celle du vice-roi, quelques mots dits par Sa Majesté sur ces deux opinions, celle de M. le cardinal, le langage qu'avait tenu M. de Fontanes 336». Les prévisions, les commentaires, les controverses allaient leur train: interrompue aux Tuileries, la discussion se continuait dans toutes les sociétés qui tenaient de près ou de loin au gouvernement; elle reprenait avec plus de force en certains endroits où elle s'était depuis longtemps établie, dans ceux où s'assemblait la foule, où se propageaient et s'inventaient les nouvelles: les lieux les plus divers, les galeries du Palais-Royal, la Bourse, comme les salons de l'ancienne et de la nouvelle aristocratie, s'emplissaient d'un bourdonnement de voix confuses et discordantes.