Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
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Pareillement, il ne veut pas que la Russie, qu'il lui faudra peut-être choisir, devienne l'objet d'une condamnation définitive. Le cardinal Fesch avait prononcé un mot grave: faisant allusion à la différence de culte qui séparerait de la France une impératrice schismatique, admise à pratiquer publiquement ses rites, et qui l'isolerait au milieu de son peuple, il avait dit: «Un tel mariage ne serait point dans nos mœurs.» Cette phrase avait paru faire impression. Cependant, comme Napoléon avait pris à Pétersbourg l'engagement d'accéder à toutes les exigences possibles en matière religieuse, il était indispensable de réserver le cas prévu et de le présenter sous une forme acceptable. L'Empereur se tira d'embarras par une affirmation qu'il savait contraire à la vérité et par une digression historique. Il avait tout lieu d'espérer, dit-il, vu ses excellents rapports avec l'empereur Alexandre, que la Russie ne poserait aucune condition, mais c'était lui-même qui désapprouverait et ne saurait admettre un changement de religion. Les abjurations n'étaient point de son goût, et il cita à ce propos, pour le blâmer, l'exemple de Henri IV. Il admirait ce grand prince, disait-il, mais il n'avait jamais pu lui pardonner d'avoir renié sa foi au prix d'une couronne; c'était, à ses yeux, la seule tache sur une glorieuse mémoire 334. Au reste, il pèserait avec soin et tiendrait en grande considération les avis exprimés. À la fin, pareil au juge qui, la cause entendue, se retire pour délibérer avec lui-même, préparer et mûrir sa sentence, il leva la séance, remercia et congédia le conseil, sans le départager. Il était parvenu à son but: il avait laissé se développer des arguments sérieux en faveur de l'Autriche, sans exclure la possibilité de l'autre mariage, pour le cas où l'Impératrice mère finirait par consentir.