Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
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L'Empereur écoutait tout, impassible, majestueux, évitant le plus possible de donner des signes d'acquiescement ou d'improbation; il laissait la discussion se prolonger, s'échauffer, mais ne lui permettait point de dépasser certaines limites et savait au besoin, par un mot, par une phrase qui portait, la diriger et la contenir. Il n'entendait point que la balance de l'opinion penchât trop ouvertement d'un côté, car il ignorait encore vers lequel les circonstances le forceraient d'incliner. Dès qu'il voyait se produire un argument de nature à jeter sur l'un des deux partis une défaveur trop marquée, un discrédit irrémédiable, il ne manquait point de l'arrêter au passage et de l'anéantir. Lacuée, comte de Cessac, ministre de l'administration de la guerre, parlait vivement et s'acharnait contre l'Autriche: il rappelait les désastres ininterrompus de cet empire, le recul continu de ses frontières, et s'animant: «L'Autriche, dit-il, n'est plus une grande puissance.»--«L'Autriche n'est plus une grande puissance, interrompit l'Empereur; on voit bien, monsieur, que vous n'étiez pas à Wagram 333.» Et tout de suite la solidité et l'élan des troupes ennemies dans cette journée, leur ténacité stoïque, leurs charges fougueuses, le succès un instant compromis, lui reviennent à la mémoire et se dessinent devant ses yeux en traits saisissants: il n'admet point, s'il désigne l'Autriche, qu'on puisse le considérer comme s'alliant à une monarchie déchue.