Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
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Pour développer dans toute son ampleur le système autrichien, nul n'eût été plus qualifié que Talleyrand: il l'avait formulé à plusieurs reprises comme sa doctrine de prédilection; disciple des ministres qui firent l'alliance au dix-huitième siècle, il est devenu le maître de ceux qui la souhaitèrent de nos jours: dans cette chaîne continue, c'est l'anneau intermédiaire. Il ne paraît pas toutefois que Talleyrand, gêné peut-être par ses relations clandestines avec la cour de Russie, ait pris l'initiative de mettre en relief les avantages de l'autre parti; s'il le soutint, ce qui n'est pas absolument établi 330, il le fit avec des circonlocutions, des réticences, et dans cette lutte de paroles où les opinions se donnaient librement carrière, se montra moins orateur que diplomate. Ce fut le prince Eugène qui insista le premier en faveur de l'Autriche, en termes convaincus et persuasifs. Après lui, le duc de Bassano se fit l'avocat brillant de la même cause. Le ministre des relations extérieures était acquis d'avance à cette opinion; le comte Mollien s'y rallia: le cardinal grand aumônier et M. de Fontanes firent valoir contre la Russie, avec une âpre amertume, des raisons de tout ordre, mais surtout religieuses et confessionnelles 331.