Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
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Regrettant que le message russe ne lui permette pas encore de formuler toutes ses exigences, il veut au moins s'en servir pour peser sur les Autrichiens, pour les pousser aux concessions. Il est bon de leur faire savoir que la Russie ne viendra pas au congrès, qu'elle se désintéresse de leur sort, qu'elle les laisse isolés en face du vainqueur. Champagny est chargé de faire cette communication à Metternich; il laissera même croire que la Russie est parfaitement d'accord avec nous sur les conditions de la paix, et qu'en cas d'hostilités nouvelles la coopération de son armée nous demeurerait pleinement assurée. Napoléon lui-même s'efforce d'accréditer cette opinion par les faveurs qu'il prodigue publiquement à Tchernitchef. Le jour où il l'a reçu en audience, il l'invite à déjeuner, le fait asseoir à sa table avec le vice-roi d'Italie, avec le prince de Neufchâtel, avec trois maréchaux, lui adresse plusieurs fois et familièrement la parole. Il l'emmène à la parade, au spectacle, le montre à ses côtés, l'affiche, et par le soin qu'il met à le faire figurer dans son escorte, se pare de son intimité avec l'empereur de Russie 187.