Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
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Le cabinet russe, estimant qu'en si importante matière aucune précaution n'était superflue, qu'il ne pouvait enlacer Napoléon de liens trop forts, trop serrés, avait donné à l'engagement accepté en principe une forme solennelle, rigoureuse et, il faut le dire, totalement inusitée dans les rapports entre souverains. Napoléon ne s'obligerait pas seulement à ne point rétablir la Pologne, à ne point favoriser cette restauration, à n'y contribuer en aucune manière, toutes choses qui dépendaient de sa volonté et qu'il pouvait légitimement promettre. Il décréterait souverainement, commandant aux circonstances comme à lui-même, s'attribuant tout pouvoir sur les événements, que la Pologne ne revivrait jamais. L'article 1er consistait en cette phrase, absolue et dogmatique: «Le royaume de Pologne ne sera jamais rétabli.» En dictant à Napoléon cet arrêt irrévocable, la Russie ne le contraignait pas seulement à se désintéresser de la Pologne, mais à prendre parti contre elle, à employer au besoin sa toute-puissance pour la retenir au tombeau. Non content de l'amener à reconnaître le fait accompli, elle voulait qu'il le consacrât, qu'il le mît sous sa garantie, qu'il s'engageât à le défendre envers et contre tous: c'était l'associer rétrospectivement au triple partage, exiger qu'il prît à son compte le crime politique auquel la France, pour son honneur, était demeurée étrangère. Les autres articles s'inspiraient tous du principe posé en premier lieu et en déduisaient diverses applications; ils décidaient «que les dénominations de Pologne et de Polonais disparaîtraient pour toujours de tout acte officiel ou public;--que les ordres de chevalerie de l'ancien royaume seraient à jamais abolis;--qu'aucun Polonais sujet de l'empereur de Russie ne pourrait être admis au service du roi de Saxe, et réciproquement;--que le duché de Varsovie n'obtiendrait à l'avenir aucune extension territoriale à prendre sur l'une des parties du ci-devant royaume;--qu'il ne serait plus reconnu de sujets mixtes entre la Russie et le duché». Enfin, l'empereur des Français obtiendrait l'accession du roi de Saxe aux articles convenus et en garantirait l'observation 310.