Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
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En somme, la Russie tenait toujours son sort entre ses mains, et si, dans le délai imparti par l'Empereur, on eût appris qu'au retour de Moscou l'accord s'était formé entre le Tsar et notre ambassadeur, qu'il y avait eu échange d'engagements, rien n'autorise à penser que Napoléon eût retiré la parole donnée en son nom. Les jours cependant, les semaines s'écoulaient sans qu'aucun courrier fût signalé de Russie, et ce silence faisait avec la bonne grâce de l'Autriche un contraste déplaisant. Le terme fatal, la fin de janvier, approchait rapidement, et la réponse attendue ne s'annonçait pas encore, retardant sur des prévisions établies avec un soin méthodique 308. Enfin, le 26 janvier au soir, cette réponse arrive, sous forme de deux longues dépêches adressées au ministre par l'ambassadeur, chiffrées de sa main et recommandées par mention spéciale comme «n'étant point dans le cas d'être confiées aux bureaux». Devant ce texte énigmatique, M. de Champagny dut éprouver une vive et anxieuse émotion: sous ces lignes de chiffres qu'il passerait la nuit à interroger, «tant que ses yeux ne lui refuseraient pas leur service 309», allait-il découvrir la réponse par oui ou par non qu'il fallait à l'Empereur, le mot décisif d'où sortirait le dénouement de la crise?