Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
Reading edition
Avant même de recevoir cette invite, madame de Metternich avait transmis à Vienne les paroles de Joséphine, d'Eugène et d'Hortense; Schwartzenberg avait fait de même pour les insinuations de Laborde. D'ailleurs, la cour d'Autriche, toujours experte en fait de diplomatie matrimoniale, n'avait pas attendu de connaître ces incidents pour prévoir l'hypothèse d'une demande et se mettre en mesure d'y faire face: dès le début de janvier, Schwartzenberg avait reçu de Metternich des instructions l'invitant, pour le cas où l'empereur des Français songerait à l'archiduchesse Louise, «loin de rejeter cette idée, à la suivre, à ne point se refuser aux ouvertures qui pourraient lui être faites 304». Metternich posait bien certaines réserves, mais de pure forme et destinées simplement à sauvegarder la dignité de sa cour; en réalité, un scrupule de conscience arrêtait seul l'empereur François: c'était la crainte que le lien religieux entre Napoléon et Joséphine n'eût point été dissous; or, la décision rendue par l'officialité de Paris venait de lever cet obstacle. Dans ces conditions, Schwartzenberg se crut autorisé à se montrer plus affirmatif avec Laborde; vers le 15 janvier, en se référant tant à ses paroles qu'à de nouvelles assurances venues directement de Vienne, Napoléon acquit la certitude à peu près absolue que l'Autriche n'attendait qu'un signal pour prononcer son adhésion et faire éclater ses sentiments.