Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
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Malgré le caractère confidentiel des deux démarches matrimoniales, malgré le mystère dont elles furent entourées, la décision prise par l'Empereur transpira rapidement. Trop de témoignages publics l'annonçaient pour qu'il fût possible d'en douter; la nouvelle du mariage russe se répandit à la cour, à Paris, dans l'Empire: il en fut parlé dans toutes les parties de l'Europe. L'opinion l'accueillit sans surprise, elle n'y vit que la continuation du système inauguré à Tilsit; depuis les rumeurs répandues en 1807 et 1808, elle s'était habituée à l'idée d'un rapprochement plus intime entre les deux empires qui se partageaient la souveraineté de l'univers: ce serait, disait-on, le mariage de Byzance avec Rome, les noces «de Charlemagne et d'Irène 267». Au reste, recommandant le secret, Napoléon l'observait mal; il parla devant son entourage; il dit un jour à Savary, en faisant allusion au mariage, «que cet événement amènerait sans doute l'empereur Alexandre à Paris 268», et ces mots dévoilent toutes les perspectives qui s'ouvraient à son imagination.