Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
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Le 3 au matin, Napoléon sort des Tuileries dans la voiture du sacre; son frère Jérôme est avec lui; le roi de Naples, les princes grands dignitaires, les ministres, les grands officiers de l'Empire et de la couronne le précèdent dans de somptueux équipages, et à travers la haie des troupes, à travers les flots pressés de la multitude, le glorieux Empereur mène dans Paris cette pompe triomphale. De nouveau, l'enthousiasme naît à sa vue et les acclamations partent; cependant, que de contrastes déjà dans ces journées vouées par ordre à l'allégresse! que d'ombres à cette splendeur! Par une inadvertance de la police, près de l'un des endroits où le cortège se déploie et où s'opèrent les cérémonies, la file des équipages est coupée par un convoi de prisonniers, aux mains liées et au visage de désespérés; et ces prisonniers sont Français, ce sont des conscrits réfractaires, traînés à l'armée et au carnage 260. Mais déjà l'Empereur est à Notre-Dame, où il entre sous le dais et où retentit le chant du Te Deum. De Notre-Dame, il va au Corps législatif inaugurer la session et prononcer le discours d'ouverture. Cette séance d'apparat, qui réunit au pied du trône les députations du Sénat et du Conseil d'État, avec le Corps législatif, emprunte cette année un lustre particulier à la présence de témoins augustes; les rois de Saxe et de Wurtemberg sont placés dans une tribune, avec l'Impératrice, et représentent l'Europe attentive au langage du maître. Il parle: sa harangue, emphatique et superbe, respirant l'orgueil et l'enivrement de la force, retrace les merveilles accomplies au cours de l'année: l'Espagne accablée, «le Léopard fuyant épouvanté», l'Autriche infidèle à ses serments et promptement châtiée; il embrasse ensuite d'un rapide coup d'œil les autres parties du continent, dépasse les champs de bataille du Danube, les murs écroulés de Vienne, porte sa pensée jusqu'aux contrées où le grand fleuve mêle ses eaux à la mer Noire et où finit l'Europe; là, il s'arrête et prononce ces mots: «Mon allié et ami, l'empereur de Russie, a réuni à son vaste empire la Finlande, la Moldavie, la Valachie et un district de la Galicie. Je ne suis jaloux de rien de ce qui peut arriver de bien à cet empire, mes sentiments pour son illustre souverain sont d'accord avec ma politique 261.»