Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
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Ces paroles, sans laisser Napoléon tout à fait insensible, n'avaient pas encore le don de l'émouvoir. Il n'admettait pas que le vaincu pût se racheter autrement que par une dure expiation, et même il commençait à trouver qu'à Dotis on ne se décidait pas assez vite sur le principe d'un grand sacrifice. Il avait voulu que la négociation s'acheminât à ce but d'un pas lent; en fait, elle n'avançait point d'une ligne, et cette immobilité contrariait l'Empereur en dépassant ses vœux. Il trouvait surtout que Champagny tardait à lire dans le jeu des adversaires, à reconnaître jusqu'où irait leur condescendance; il reprochait au ministre un manque de flair et de perspicacité 179. Pour mettre la négociation en mouvement, il consentit enfin à y jeter quelques noms de villes et de provinces, peu à peu, péniblement, en se laissant tirer les paroles, en se tenant très loin de la Galicie. Le 24 août, il fit demander Salzbourg et la ligne de l'Ens; le 29, un gros morceau du côté de l'Italie, tout ce que conservait l'Autriche autour de l'Adriatique. En même temps, jugeant que le terrain devait être suffisamment préparé à Pétersbourg, il faisait écrire au duc de Vicence d'y prendre pied davantage, de traiter formellement la question de Galicie, sur la base indiquée. «Expédiez ce courrier sans délai, mande-t-il à Champagny, je tiens cela pour pressé 180.» Il faut que l'adhésion du Tsar à l'arrangement projeté, obtenue et connue le plus tôt possible, nous laisse toute liberté pour aller de l'avant vis-à-vis de l'Autriche. Au reste, Napoléon espère maintenant que, sous très peu de jours, la lettre par laquelle Caulaincourt rendra compte de ses insinuations préliminaires, à défaut de cette lettre un message du Tsar, un indice, un symptôme quelconque, en laissant apercevoir les dispositions de la Russie, permettra de dégager l'inconnue d'où dépend la solution du problème.