← Table of contents
Napoléon et Alexandre Ier (1/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)

Reading edition

En décembre, il reçut à Milan une nouvelle inattendue; la Sicile se dégarnissait d'Anglais 304. La majeure partie de leurs troupes, sous le commandement du général Moore, s'étaient embarquées à Palerme, et l'on apprit bientôt qu'elles avaient gagné l'Océan. Cette expédition allait-elle défendre le Portugal contre nos troupes? Remonterait-elle jusque dans la Baltique, se portant au secours de la Suède menacée par les Russes? Quelle que dût être sa destination, il n'en était pas moins certain que le péril grandissant dans d'autres régions obligeait l'Angleterre à y faire refluer ses forces et dégageait la Méditerranée. Avec sa promptitude ordinaire de coup d'œil, Napoléon comprit immédiatement le parti qu'il pourrait tirer de cette évolution et résolut d'y répondre par un mouvement en sens inverse. Au lendemain de Tilsit, alors qu'il comptait sur le concours de la flotte danoise, c'était dans le Nord qu'il s'était proposé d'employer principalement ses escadres: le Midi lui offrant aujourd'hui un champ momentanément libre, il prescrit à sa puissance navale un subit changement de front et décide de la transporter tout entière dans la Méditerranée. Il conservait une escadre a Brest, une autre à Lorient, une troisième à Rochefort; le 12 décembre, de Venise, il fait expédier à toutes l'ordre de sortir, de doubler la péninsule ibérique, de franchir le détroit de Gibraltar et de rejoindre à Toulon la flotte qu'il possède encore dans ce port, sous les ordres de l'amiral Ganteaume, et à laquelle doivent se réunir en même temps six vaisseaux appelés de Cadix 305. Aussitôt tout entre en action: les courriers volent, les escadres appareillent, et l'on apprend le 24 janvier que celle de Rochefort, réussissant la première à tromper la vigilance des croisières ennemies, fait voile vers Toulon, où l'attendent les vaisseaux de Ganteaume. L'Empereur veut utiliser cette première concentration, prélude d'une autre plus importante, et songe aussitôt à diriger sur la Sicile les forces navales combinées. Le 24 janvier, il adresse à Joseph, roi de Naples, un plan pour la surprise et la conquête de l'île 306: c'est une réminiscence et comme une réduction du grand projet de descente en Angleterre; il s'agit toujours d'assurer le succès par la coopération momentanée d'une flotte aux mouvements d'une armée.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings