Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Tandis que ce grand corps achèvera de mourir en d'impuissantes convulsions, les masses de seconde ligne, les troupes d'occupation, se mettront en mouvement. Peu à peu la partie occidentale de la péninsule balkanique, attribuée à la France dans le partage, se couvrira de nos soldats; leur mission sera de briser les résistances locales et d'organiser le pays. Cependant la colonne de tête, l'armée tripartite, poursuivra audacieusement sa pointe en Asie, marchant à la rencontre de nouvelles troupes russes descendues du Caucase; quand elle aura atteint l'Euphrate supérieur, mis le pied sur la route de la Perse et de l'Hindoustan, sa tâche sera momentanément remplie: il s'agit pour elle de menacer plutôt que de frapper, et c'est sur d'autres points que l'Empereur se réserve de pousser à fond ses entreprises. Avant que les troupes européennes aient traversé la Turquie de part en part, notre flotte de Toulon aura été rejointe par des forces françaises ou alliées accourues de tous les points de l'horizon. «J'attends d'autres escadres 325», écrit l'Empereur à Joseph; ce seront celles de Lorient, de Brest, de Carthagène, les vaisseaux de l'île d'Elbe, ceux de Lisbonne, de Cadix. Ainsi se composera une redoutable armée navale, irrésistible par sa masse; frôlant d'abord les rivages de Tarente, elle y prendra à son bord un corps expéditionnaire et ira le jeter en Égypte, où la population nous appelle et espère en nous 326. L'Angleterre, visée dans son empire asiatique, se sentira atteinte en Égypte, et verra les deux routes qui conduisent aux Indes par les États musulmans, celle de terre et celle de mer, passer simultanément entre nos mains. En même temps, devant nos ports de la mer du Nord et de l'Atlantique, des flottes et des flottilles se montreront, exécuteront une série de démonstrations; l'Irlande, travaillée par nos agents, frémira, et d'agiles croisières, se glissant sur toutes les mers, iront porter partout la terreur dans les possessions ennemies. Alors l'Angleterre, étourdie de tant de chocs, ne sachant où répondre, impuissante à distinguer les coups réels des attaques simulées, s'épuisant en efforts stériles, chancellera éperdue au milieu de ce «tourbillon du monde 327»; à bout de forces et surtout de courage, elle cessera de s'opposer aux destinées de la France nouvelle, reconnaîtra son vainqueur, et la paix définitive sortira de cet immense bouleversement.