Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Ce fut à la fin de juin que Napoléon reconnut pour la première fois dans l'Espagne un obstacle sérieux à ses projets sur l'Orient et sur les Indes. Prévenu d'abord des mouvements qui s'étaient opérés près de nos frontières, en Aragon, en Catalogne, dans les Asturies, il n'y avait vu que des accès de fanatisme local, provoqués par les moines, et soulevant une multitude prompte aux excès; il avait cru que ses troupes auraient à combattre en Espagne, non la nation, mais la populace, et que quelques coups portés avec une preste vigueur feraient tout rentrer dans l'ordre. Il avait ordonné que des colonnes fussent dirigées sur les points principaux, et expédié hâtivement des renforts au delà des Pyrénées. Les premières rencontres furent à notre avantage, mais ces succès mêmes ne firent que mieux mesurer la violence et l'étendue du mal; derrière les ennemis qu'elles avaient dispersés, nos troupes en rencontraient d'autres, ne se trouvaient plus en présence d'émeutes à comprimer, mais d'un royaume à conquérir, province par province. Au Nord, Bessières se heurtait à de véritables armées; sur l'Ebre, Saragosse nous arrêtait; dans le royaume de Valence, Moncey, entouré d'ennemis, n'avançait que lentement; de Dupont, aventuré en Andalousie, on n'avait que de brèves et rares nouvelles. Napoléon comprit alors que la soumission de l'Espagne exigerait un grand déploiement de forces, une campagne véritable, et pourrait l'obliger à ajourner ses lointaines expéditions. Il ne contremande pas encore les préparatifs ordonnés, mais leur fait subir un temps d'arrêt. «Je désire, écrit-il à Decrès le 28 juin, qu'avant de vous jeter dans des dépenses qui seraient perdues, si l'expédition de Brest n'avait pas lieu, vous me demandiez de nouveaux ordres... Les affaires d'Espagne, ajoute-t-il bientôt, ayant pris depuis un mois une tournure assez sérieuse, il ne sera peut-être plus dans mon projet de hasarder une si grande quantité de forces sur les mers 464.»