Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Pour cette époque, il jugeait que tout serait terminé dans la péninsule, que cette contrée serait indissolublement liée à son système, qu'elle deviendrait pour lui un secours au lieu d'un embarras: «L'Espagne sera tellement organisée avant ce temps, écrivait-il, que mon expédition de Toulon en sera augmentée de plusieurs vaisseaux 448.» Persistant dans son aveuglement fatal, affermi dans ses illusions par la triste facilité avec laquelle les Bourbons s'étaient livrés, il croyait que la renonciation des deux princes lui avait livré le royaume et s'imaginait avoir conquis l'Espagne au pied des Pyrénées. Tout au plus pensait-il que ses troupes auraient à combattre quelques mouvements partiels, isolés, quelques révoltes de villes, semblables à celle qu'il avait écrasée jadis dans les rues du Caire, quelques insurrections de montagnards, pareilles à celle que son armée de Naples avait eu à réprimer dans les Calabres. Quant à la masse du peuple, il ne doutait point qu'elle s'inclinât et reconnût le régime nouveau; il tenait déjà ce résultat pour acquis et l'annonçait avec un optimisme hautain: «L'opinion de l'Espagne, mandait-il à Cambacérès, se ploie suivant mon désir 449.» Aussi, dès que Charles IV et Ferdinand l'ont quitté, le premier pour se rendre à Compiègne, le second à Valençay, s'il reste encore six semaines à Bayonne, réglant la transmission des pouvoirs, offrant son frère aux hommages de l'Espagne officielle, organisant un simulacre de représentation nationale, présidant à l'inauguration du nouveau règne, il prépare l'entreprise du lendemain tout en pensant mettre la dernière main à celle de la veille, et déjà l'Espagne l'occupe moins que l'Orient.