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Napoléon et Alexandre Ier (1/3)

Note 403 — ALEXANDRE Ier (continued 3)

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Note 403:

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Id.

Caulaincourt poussait parfois la minutie dans ses informations jusqu'à reproduire mot pour mot, à la suite de ses rapports, les propos qui s'échangeaient dans les salons de Pétersbourg. Nous citons l'une de ces conversations prises sur le vif; on peut la rapprocher de certaines scènes où l'auteur de

La guerre et la paix

, avec la puissance évocatrice de son talent, fait parler la société russe de cette époque.

«Il y a eu une grande discussion chez le grand chambellan Narischkine sur la Finlande. «Je suis Russe, a dit le mari; quand je vois que l'empereur met pour toujours Pétersbourg à l'abri d'une insulte et qu'il réunit à son empire ce que notre grande Catherine n'osait même espérer, je suis content; cela doit nous faire espérer d'autres avantages.» La femme, qui est une commère, reprit: «Voilà notre chère grande-duchesse vengée de ce petit roi de Suède (Gustave IV avait autrefois brusquement rompu un projet de mariage avec une fille de Paul Ier). «Que la France nous donne ces provinces turques, que tous nos jeunes gens reviennent de l'armée et que nous ayons la paix; alors, si quelqu'un se plaint encore de l'Empereur, il devrait le chasser de la cour. Ces Anglais, ils nous ont toujours laissés là, ils ne pensent qu'à eux.» Quelques personnes plaignirent la Suède, disant tout bas que la France laissait prendre à la Russie ce qu'elle ne pouvait l'empêcher d'acquérir, mais qu'on verrait qu'elle ne lui laisserait pas les provinces turques. Voilà le dernier retranchement des mécontents, mais leur nombre est beaucoup diminué.

«La princesse Serge Galitsyne (jeune et jolie, qui a été à Paris et ne voyait que des artistes et des savants) a dit au ministre de Danemark: «Vous voilà province française! vous verrez ce qu'il vous en coûtera. L'Espagne peut vous servir d'exemple.»--«Il valait mieux recevoir les Anglais, n'est-ce pas»? reprit le ministre de Danemark, «ils ont si bien secondé leurs alliés.....»

«Madame Golovine, chez laquelle cela se passait, s'est aussi mêlée de la conversation dans le sens de la princesse; de part et d'autre on s'est dit de gros mots: «Vous parlez sans cesse de votre admiration pour l'Empereur, même de votre attachement pour lui», dit le ministre, à la fin, à la princesse, «croyez-vous que cette manière de penser soit d'accord avec vos sentiments? L'anglomanie vous a tourné la tête, vous n'êtes plus Russe.»--«Je sépare l'Empereur de tout ce qui se fait, répondit-elle; il est dupe de l'empereur des Français et de son ambassadeur qui nous gouverne; on lui jette de la poudre aux yeux comme à vous; on nous aveugle avec la Finlande, mais on verra avant peu que c'est tout ce qu'on veut nous donner. C'est là que j'attends tous nos amateurs de nouveautés...» Nouvelles de Pétersbourg du 12 au 15 avril 1808.

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