Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
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Alexandre se montrait alors expansif et charmeur; par un renversement des rôles, c'était le monarque qui semblait avoir entrepris la conquête de l'ambassadeur. Pour plaire, il n'épargnait aucun moyen. Connaissant le culte que Caulaincourt avait voué à Napoléon, il témoignait pour le grand homme d'une admiration sans bornes, sans oublier de délicats compliments à l'adresse de l'envoyé: «À propos, général, lui disait-il tout à coup, vous avez eu de grands succès dans la haute société; vous avez conquis les plus révoltés... Avec ces manières, tout le monde deviendra Français 270.» Et Caulaincourt goûtait avec joie ce témoignage rendu à ses qualités mondaines. Puis, c'étaient de ces épanchements intimes qui flattent si délicieusement un particulier, quand ils tombent de lèvres augustes, car ils suppriment les distances et, ne laissant voir que l'homme dans le souverain, le font pour un instant l'égal de son interlocuteur. Toutes les fois que l'intérêt de son État ne lui semblait pas en jeu, Alexandre aimait à se confier, et, comme ses sympathies allaient très sincèrement à Caulaincourt, dont il appréciait le tact, la discrétion, la droiture, il le prenait pour témoin de ses joies et de ses émotions intimes; il lui livrait volontiers le secret de son cœur. En homme fortement épris, il ne résistait pas à parler de ses amours, de la femme qui lui avait rendu un intérieur, «de l'attrait qui le ramenait toujours vers madame N..., quoiqu'il s'occupât en passant de quelques autres, de la jalousie qui ne menait à rien et ne sauvait rien, du plaisir de voir grandir de petits enfants qu'on aimait. «Il y a des moments, ajoutait-il, où on a besoin de ne plus être souverain; être sûr qu'on est aimé pour soi, que les soins, les caresses que l'on vous prodigue ne sont pas un sacrifice fait à l'ambition ou à la cupidité, fait du bien 271.»