Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
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Cette disposition se révèle nettement par les paroles, par les commentaires dont fut accompagnée la notification à Savary des mesures prises. Alexandre voulut lui faire savoir toutes les propositions dont l'avait accablé l'Angleterre, en insistant sur celles qui avaient trait à l'Orient: «Dites à l'Empereur, ajoutait-il, que l'intrigue est au comble; on voudrait nous acheter, mais on ne m'aura pas; je mets tout à la porte au plus vite 232, et il laissait entendre qu'il aimerait mieux devoir à Napoléon qu'à l'ennemi commun l'accomplissement de ses vœux. De son côté, en termes voilés, mais suffisamment expressifs, forçant le sens des conventions de Tilsit, Roumiantsof s'attachait à établir une similitude parfaite entre les engagements souscrits par Alexandre contre l'Angleterre et les promesses de Napoléon relatives à la Turquie, à traiter concurremment les deux questions. À l'exposé des moyens que l'on allait employer pour la guerre maritime, il faisait succéder des aperçus caractéristiques sur l'Orient; d'après lui, la situation s'aggravait à Constantinople; là, le désordre dans le gouvernement, l'agitation dans la rue, la violence et la rébellion chez les milices régnaient à l'état chronique; la Turquie entrait en décomposition. «Vous voyez, disait le ministre, que l'on va être obligé d'annoncer dans les journaux que l'empire ottoman est mort et que l'on invite ses héritiers à se présenter à la succession 233.» L'empereur ne dédaignait point d'employer les mêmes procédés; après avoir annoncé à Savary que son parti était pris et qu'il rompait avec l'Angleterre: «Parlons d'autre chose», lui disait-il, et il l'emmenait brusquement en Orient; il rappelait alors en quels termes Napoléon avait prononcé à Tilsit la condamnation de la Turquie, et se plaisait à répéter cet arrêt tombé de lèvres infaillibles.