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Napoléon et Alexandre Ier (1/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)

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«Je viens de lire cette vile brochure, reprit l'empereur dans la soirée. Il faut être bien osé pour apporter un pareil ouvrage en même temps que des dépêches de cabinet. Je vous remercie de me l'avoir confié. Dites-le à l'Empereur, mais ajoutez-lui que, loin d'y avoir attaché de l'importance, je foule aux pieds tout ce qu'elle renferme contre lui et contre moi. J'espère qu'il me jugera assez bien pour être persuadé que je ne puis être ébranlé.» Puis, ce fut chez Alexandre une explosion plus douloureuse encore qu'indignée contre les hommes qui avaient reçu et colporté le libelle, contre ces traîtres qu'il rencontrait partout sur sa route, contre les agents incapables de le comprendre et de le servir. «Votre empereur, dit-il, est plus heureux que moi; il a trouvé des hommes et il en a beaucoup formé. Moi, au contraire, je n'ai pas même assez de ce qu'on appelle hommes chez vous, pour composer mon ministère, et, indépendamment de cela, j'ai trouvé mille abus à réformer, des gens en place indignes d'y être.» Il continua longtemps sur ce ton, parlant de ses volontés rénovatrices, des entraves que leur opposait l'état social de la Russie, des habitudes de désordre introduites sous les gouvernements précédents, de l'ignorance du peuple, devenu propriété vénale, objet de trafic pour les grands; il ajouta ces paroles remarquables, où se peint vraiment une âme éprise du progrès et du bien: «Je veux sortir la nation de cet état de barbarie. Je dis même plus, si la civilisation était assez avancée, j'abolirais cet esclavage, dût-il m'en coûter la tête 230.»

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