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Napoléon et Alexandre Ier (1/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)

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La vie de notre actif adversaire s'employait en conciliabules et en démarches; le matin, il travaillait--c'était son expression --avec les chefs de la faction anglaise; il passait la journée en compagnie des officiers aux chevaliers-gardes, pour la plupart viveurs, besoigneux, qui ne nous avaient point pardonné Austerlitz; le soir, il se montrait dans toutes les réunions mondaines, dîners, thés, bals, soupers, attisant la haine contre les Français et distribuant le mot d'ordre. Le retour de la saison d'hiver, en rouvrant à la société ses lieux habituels de rendez-vous et de plaisir, lui fournissait l'occasion de l'y trouver groupée et de la régenter en masse. Au théâtre, on le voyait parcourir les loges, aller de l'une à l'autre, avec l'air d'un général qui inspecte ses troupes et les anime au combat. Le 31 octobre, une fête chez l'une des dames de la cour donna lieu en sa faveur à une sorte de manifestation. Il eut l'honneur d'ouvrir le bal avec la comtesse Lieven, grande maîtresse de l'impératrice mère, et la princesse Amélie le choisit pour cavalier à la polonaise. Cette danse ou plutôt cette marche majestueuse et lente, sous l'éclat des lustres, au milieu du chatoiement des uniformes et des parures, devant six cents personnes, les plus qualifiées de Pétersbourg, prit pour le jeune Anglais les proportions d'un triomphe. Était-ce celui de l'Angleterre? Wilson s'en flattait et consignait cet espoir dans son journal 228. Mais son cri de victoire était prématuré; grisé par ses succès de salon, il se méprenait sur le pouvoir de ses intrigues; d'ailleurs, perdant toute mesure, il avait fourni à ses adversaires les moyens de l'évincer, et son imprudence lui ménageait une cruelle mésaventure.

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