Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 2)
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Le 12 janvier, il ordonne de poser à Sébastiani une série de questions: la Porte, dont l'ambassadeur à Paris vient de s'aboucher avec Tolstoï et se montre pressé d'ouvrir les négociations, signerait-elle une paix qui lui enlèverait la MoldoValachie? Sa résignation offre-t-elle ce moyen de satisfaire la Russie? Au contraire, les Turcs recommenceront-ils la lutte plutôt que de céder les deux provinces, et faut-il, dans tous les cas, que l'Orient reste en feu? Quelle que soit l'issue de la négociation, la Porte demeurera-t-elle notre alliée contre l'Angleterre? Quels moyens de guerre peut-elle nous offrir? Sur tous ces points, Napoléon veut être exactement renseigné 289. Il revient enfin à son objection de principe contre le partage et songe qu'il n'a point réussi à la lever: la présence des flottes britanniques dans la Méditerranée gêne, contrarie tous ses plans, et, modérant son essor vers d'idéales conquêtes, le ramène à des réalités prévues et menaçantes. Il n'est point certain que la Turquie s'écroule au premier choc, et que l'Asie nous soit ouverte; il est a peu près certain que l'Angleterre tentera d'enlever l'Égypte et les Îles, aussitôt que notre attaque aura porté le premier coup à l'intégrité ottomane. Devant cette perspective redoutée, Napoléon s'arrête de nouveau, hésite et se fixe provisoirement à l'idée de ne rien précipiter; le 14 janvier, il laisse Champagny écrire à Caulaincourt dans le sens des premières instructions données à cet ambassadeur, revenir sur le projet turco-prussien et repousser encore pour la France toute compensation orientale: «elle déciderait la question de l'existence de l'empire turc, et l'Empereur ne veut point en hâter la ruine».