← Table of contents
Napoléon

Note A — II LE REVERS

Reading edition

Page 20. — [A] Deux livres, par-dessus tous les autres, celui de Gourgaud, celui de Bourrienne, nous éclairent là-dessus. Avec Gourgaud, vaniteux, chagrin, incompréhensif, amoureux jaloux et tyrannique de son maître, le ton n’est plus du tout le même qu’avec Las Cases, assez intelligent, plus déférent, qui ne lui résiste jamais. Plus du tout le même avec Bourrienne, haineux, ingrat, mais faisant, pour paraître impartial, un effort vers la sincérité qu’avec Mme d’Abrantès, coquette, bavarde, vaniteuse, pénétrée de l’esprit de famille. Chacun, comme il faut s’y attendre, écoute son tempérament, ses rancunes, ses préjugés pour porter son jugement. Un seul possède une vision aussi large que clairvoyante, jugeant l’homme d’ensemble, avec noblesse et pureté. C’est Rœderer. On sent qu’il est le seul, parmi les interlocuteurs de Napoléon, à comprendre ce qu’il lui entend dire, le seul aussi devant qui Napoléon, se sentant compris, s’épanche et se montre tel qu’il est réellement. Telle dut être aussi sa conversation avec Gœthe. Les autres laissent tomber les grandes choses, qui passent au dessus de leur tête, ou il se ferme devant eux.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings