Note (retour) — DUC DE RAGUSE
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Dès le lendemain, nous partîmes, le prince et moi, pour la tournée que nous avions projetée. Les terres que nous allions parcourir sont habitées par environ vingt mille sujets. Tous lui doivent de nombreuses corvées1, mais qui se rachètent, pour le plus grand nombre, en argent et à fort bas prix. Chaque ménage doit cinquante-deux jours de travail avec un attelage, ou le double avec un simple ouvrier. On n'exige en nature que la quantité absolument nécessaire à l'exploitation des domaines du seigneur, ou bien, dans le cas de refus d'un paysan, que de payer en argent le prix de sa corvée au taux fort équitable. Ces corvées, qui aujourd'hui choquent si fort nos habitudes, ont cependant été originairement avantageuses à chacun. Elles sont le résultat d'un pacte, d'un traité dont les conditions ont été favorables aux deux parties contractantes. Un seigneur avait des terres et manquait de bras pour les cultiver; des paysans avaient des enfants et point de terres pour les occuper: chacun a donné à l'autre ce qui lui manquait.