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Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (3/9)

Note (retour) — DUC DE RAGUSE (continued 4)

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L'Empereur s'égayait beaucoup, à cette époque, sur le compte des marins. Ceux-ci avaient toujours prétendu que la navigation de l'Escaut présentait de grandes difficultés pour les vaisseaux de ligne. Les bancs au-dessous d'Anvers empêchaient, disait-on, de les armer avant d'être arrivés dans la rade: enfin il était prudent de se servir de chameaux 3 pour descendre les vaisseaux jusqu'au lieu de leur armement. Ce mode de transport, de tout temps en usage en Hollande, avait été proposé pour Anvers. «Eh bien, disait Napoléon en riant de tout son coeur, voyez les beaux effets de la peur! L'escadre de l'amiral Missiessi était dans la rade de Flessingue, prête à mettre en mer, armée, approvisionnée, ayant son eau à bord; l'apparition des Anglais a produit un effet tel, que l'escadre, dans cet état, a remonté l'Escaut par un vent peu favorable, en louvoyant sans s'échouer, et elle s'est si bien trouvée de ce mouvement, que quelques vaisseaux ont dépassé Anvers et sont entrés dans le Rupel, un de ses affluents. À quelque chose malheur est bon: les Anglais nous auront appris toute la valeur et toutes les propriétés de cet établissement maritime.»

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