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Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (1/9)

Note (retour) — DUC DE RAGUSE

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Mon nom est Viesse; ma famille est ancienne et considérée: elle est originaire des Pays-Bas et habite la Bourgogne depuis trois siècles. De tout temps elle s'est vouée au service militaire; dès le commencement du seizième siècle, sous Louis XIII, un M. Alexis Viesse était officier dans le régiment de la vieille marine 2. Ses petits-enfants furent capitaines dans le régiment de Coislin-cavalerie et dans celui de Tavanne. Mon trisaïeul, Nicolas Viesse, qui avait servi avec distinction à la guerre près du grand Condé, reçut de ce prince la charge de prévôt des bailliages du nord de la Bourgogne. Cette partie de la province était dévastée par des nuées de brigands; en peu de temps, par son activité, son courage et son intelligence, M. Viesse les détruisit. Le grand Condé, à cette occasion, lui dit qu'il était digne et capable de commander une armée. Un de mes grands-oncles, Richard Viesse de Marmont, enseigne au régiment de Poitou, âgé seulement de quinze ans, périt, en 1713, au siége de Fribourg, d'une manière héroïque. Un coup de canon lui enleva le bras droit, et, du bras gauche, il releva le drapeau tombé. Mon père, capitaine au régiment de Hainault, eut, à vingt-huit ans, la croix de Saint-Louis, pour avoir, avec cent hommes de bonne volonté, gardé la mine pendant toute la durée du siége de Port-Mahon. Pour remplir cette tâche, il fallait être placé sur la mine ennemie et se dévouer à des chances terribles, et cela pendant quinze jours. Ce genre de courage de tous les moments, au milieu de grands dangers, est peut-être un des plus difficiles à rencontrer.

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